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FRONTENAY-ROHAN-ROHAN


Aux portes du Marais Poitevin et à une petite dizaine de kilomètres de Niort, Frontenay-Rohan-Rohan se situe au sud-ouest du chef-lieu des Deux-Sèvres.

La commune constitue l’un des jalons de la deuxième couronne de l’agglomération niortaise. Frontenay-Rohan-Rohan regroupe aujourd’hui 2900 habitants à un niveau historiquement inégalé après avoir connu un étiage démographique marqué dans les années 1920-1930.

La commune appartient en effet à la CAN (Communauté d’agglomération du Niortais) et abrite de plus en plus d’actifs qui travaillent à Niort, notamment dans les mutuelles d'assurance. Les lotissements de la partie sud de la commune, notamment dans les quartiers des Trois Rois ou des Tonnelles, témoignent de cette expansion récente.

Frontenay-Rohan-Rohan dispose également d'une zone d'activités artisanales et de services au lieu-dit La Clielle au nord-est du bourg. Les entreprises qui y sont installées sont majoritairement tournées vers le BTP et le transport routier.

L’ancienne route reliant Niort à Mauzé - baptisée dans sa partie centrale du nom de deux résistants Norbert et Amédée Migault -rassemble les principaux commerces et services parfois implantés dans des maisons de belle facture architecturale dénotant un passé où le bourg rassemblait quelques belles fortunes. Un très bel exemple en est fourni par le parc du logis prospère quelques magnifiques exemples d’arbres exotiques, tel un superbe séquoia.

Le nom de Frontenay apparaît pour la première fois dans les documents vers 936 puisque parmi des biens donnés par une nommée Sénégonde à l'abbaye Saint-Cyprien, à Poitiers, figurent des terres et bois sis à Frontaniacus.

Au milieu du XIIIe siècle, l’endroit est disputé entre le roi Saint-Louis et Hugues de Lusignan qui en est le seigneur. Frontenay est une grande place forte, entourée d'une double muraille d'enceinte, renforcée de tours puissantes. Vainqueur, le roi de France fait démolir les murailles jusque dans leurs fondations; la malheureuse cité est transformée en un amas de décombres auquel on donne le nom de Frontenay l'Abattu.

Par la suite, au XVIème siècle, la terre et seigneurie de Frontenay devient la propriété de Pierre de Rohan; puis quelque cent ans plus tard Louis XIV l’érige en duché-pairie en l'honneur d'Hercule de Rohan qui s'était signalé dans plusieurs combats. Bientôt Frontenay-l'Abattu perd son nom ancien pour devenir simplement Rohan-Rohan. A la Révolution la commune reprend son nom de Frontenay. Et le nom actuel de Frontenay-Rohan-Rohan est attribué à la commune par un décret à référence historique datant de 1897.

De ce riche passé, il ne reste que peu de témoins, au premier rang desquels l’église Saint-Pierre. De l'église romane fondée en 1015 par Hildegarde, comtesse du Poitou, ne subsistent que le clocher et le narthex. En 1346, lors de la guerre de cent ans, l'édifice est ruiné par les troupes anglaises de lord Derby. Il est restauré dans la seconde moitié du XVème siècle. L’entrée principale, déportée au sud de l’édifice présente un curieux décor mélangeant roman et gothique.

Frontenay-Rohan-Rohan dispose également de nombreuses sources qui alimentent biefs (le bief Chabot) et fontaines autrefois utilisées comme lavoirs, telle la fontaine d’Ayron.


Michel CHAUMET

Historien, spécialiste de la Résistance et co-auteur de l’histoire de Niort

Photos: ©Michel Chaumet

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