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L’hiver du point de vue de la médecine chinoise

Cécile AUBRUN, praticienne SHIATSU et Diététique, Niort: L’hiver marque la fin d’un cycle annuel, la terre se met au repos, la sève a reflué, les arbres sont dépouillés de leurs feuilles. Le ciel est plus sombre, les nuits plus longues, l’énergie dominante est le froid.

L’hiver exprime la manifestation du Yin maximum, caractérisé par un mouvement de descente et d’intériorisation. Bon nombre d’animaux se retirent dans des grottes ou s’enfoncent dans la terre pour hiberner. La vie économique et sociale de nos pays «développés» ne nous permet pas d’envisager «d’hiberner.» L’être humain cherche à vivre au même rythme quelle que soit la saison. La volonté et la détermination sont des qualités vives permettant de résister à l’hiver. Des ajustements physiologiques se font de façon naturelle : l’énergie défensive Weï Qi (défense immunitaires) se concentre à la surface du corps pour nous protéger et éviter d’attraper froid.

Pourtant, l’hiver est par excellence la saison des rhumes et de grippes, des problèmes respiratoires, des douleurs articulaires. L’adaptation aux variations climatiques se fait de façon naturelle mais en cas de fatigue ou de conditions climatiques plus rudes, le froid et l’humidité vont accroitre la fragilité de l’organisme. Des symptômes tels que la nervosité, les douleurs au bas du dos apparaissent. Une dysharmonie découlant d’un hiver mal vécu se prolonge au printemps et entraine au fil des années des pathologies de plus en plus lourdes.

Quelles sont les solutions pour passer un bon hiver et avoir les reins solides?

• Se couvrir, s’emmitoufler.

En hiver, l’énergie se concentre et elle est moins présente en périphérie du corps. Même avec une température ambiante correcte, les extrémités du corps auront tendance à se refroidir.

Avoir froid, surtout aux pieds, rend l’organisme vulnérable. Il est capital d’entretenir la chaleur interne, en couvrant les reins d’un châle ou d’un long pull-over, les pieds de bas de laine et le sommet du crâne d’un joli bonnet ou d’un chapeau.

• Se reposer pour restaurer nos forces.

Le froid ambiant nous incite à savourer davantage le confort de nos maisons que les activités extérieures.

Emmitouflés dans nos lainages, ceux-ci limitent notre aisance gestuelle et nous nous adonnons plus volontiers à la lecture, à l’étude, à la méditation.

Nous nous levons plus tard et nous couchons plus tôt, nous sortons moins. Contenir et réserver ses forces sera le gage d’une meilleure santé. La mise en réserve d’énergies vives à l’image d’une graine enfouie sous la terre, en vue de l’amorce d’un nouveau cycle au printemps..

• Bien manger pour résister au froid.

En hiver, la nature n’offre plus guère d’aliment frais. Il faut faire appel aux réserves, aux conserves (légumes fermentés, choucroute) à ce qui a été récolté à l’automne. Les légumes racines: carottes, courges ou aliments de saveur douce; les oignons, poireaux, échalotes ou aliments de saveur piquante sont chargés des qualités énergétique de l’hiver.

Les modes de cuissons à privilégier sont les mijotés, ragouts cuits longtemps puis réchauffés : pots au feu, couscous. Faire cuire longtemps les viandes afin d’en extraire les sucs et la moelle, tonifiant pour les os. Relever les plats avec des épices douces : clou de girofle, noix de muscade, cannelle mais d’éviter les épices fortes tels que le piment qui font transpirer, ouvrent les pores de la peau, favorisant l’entrée des pathogènes.

La saveur salée correspond à l’hiver en diététique chinoise. Consommée de façon modérée, cette saveur donne de l’énergie aux reins (organes de l’hiver en médecine chinoise). Aliments de saveur salée : soja, châtaigne, porc, sanglier, canard, algue, noix de cajou, haricots azukis, crevette, huître, crabe, aliments en saumure, pigeon.

L’hiver est l’époque des fruits de mer, bénéfiques en cette saison. Eviter ce qui est froid ou glacé: crudités, sushi, yaourts sortant du frigo qui refroidissent l’organisme.




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